Aquarium de La Rochelle : des rescapés à carapace

Publié le 7 février 2017 | Le magazine de L'HEBDO / Une / Week-end

Les tortues restées dans nos courants pendant l’hiver, s’échouent

Depuis la création de l’aquarium en 1988, les soigneurs récupèrent les tortues échouées. Une initiative unique sur la côte atlantique.

Si c’est en 2004 que le Centre de Soins des Tortues Marines (CESTM) a officiellement été créé, les soins pratiqués sur les tortues échouées sur nos côtes ont toujours existé à l’aquarium de La Rochelle.

Du Pays Basque jusqu’en Manche, certaines espèces de tortues côtoient nos côtes l’été. « Si elles restent en hiver, c’est qu’elles ont été bloquées par les courants dans le golfe de Gascogne », explique Eléonore Meheust, soigneuse au CESTM. Les tortues alors restées dans nos courants pendant l’hiver, s’échouent, et c’est ici qu’intervient le centre. Hypothermie, plaies, fatigues, autant de facteurs qui font qu’une tortue s’échoue. Le centre a accueilli l’année dernière 35 individus dont 17 en même temps, de 3 espèces différentes : la tortue caouane, la tortue de kemp et la tortue verte, qui font partie de la famille des chélonidés, c’est-à-dire des petites tortues.

Équipées d’une balise
Le CESTM traite aussi le cas des tortues luth, dont 16 individus ont été retrouvés morts. Dans ce cas, les soigneurs pratiquent des autopsies selon un protocole standardisé dans le cadre d’une directive cadre de sauvegarde du milieu marin mis en place par l’Europe géré par l’agence des aires marines protégées. « Les tortues marines sont des animaux indicateurs, avec les autopsies, nous pouvons faire le bilan de l’état du milieu marin sur une certaine zone ».

En effet, les tortues luth se nourrissant principalement d’animaux gélatineux tels que les méduses, il arrive qu’elles confondent un sac en plastique avec la nourriture, ce qui les étouffe. Ces autopsies permettent donc de faire des études sur la présence des déchets dans l’eau.

Mais plus que les soins, les soigneurs du centre font aussi des actions sur la préservation de la faune marine. Ainsi, en collaboration avec les marins, ils sont animateurs d’un programme de science participative qui permet de recueillir des informations sur la faune marine, les informations sur les tortues étant bien sûr traitées au centre. Ce programme participatif est aussi en lien avec des campagnes scientifiques de recensement qui se font par avion ou par bateau. De même, certaines tortues relâchées ont été équipées d’une balise, qui permet au public de suivre leur route sur le site de l’aquarium.

« Il ne faut pas toucher une tortue échouée »
Nos côtes sont principalement fréquentées par des juvéniles, une fréquentation en hausse depuis 2010. « Si l’on trouve une tortue échouée, morte ou vivante il ne faut surtout pas y toucher. Il faut appeler le centre ou les pompiers qui nous transmettront l’information et des professionnels pourront agir », insiste Eléonore Meheust. Un geste assez naturel pour les promeneurs selon la soigneuse. « Si une tortue est échouée, on a de grandes chances de la trouver ».

Le centre, refait à neuf en décembre, accueille en ce moment une tortue caouanne récupérée en juillet, l’année dernière. Elle a mis du temps à se remettre et ne peut pas être relâchée par cette saison, mais elle pourra partir dès que la température de l’eau sera plus adaptée.



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