Aunis : mariage annoncé de 4 communes

Publié le 26 février 2017 | Actualité / Le choix de L'HEBDO / Une

Marie-Véronique Charpentier, Jean-Marc Neaud (an haut à droite), Daniel Rousseau (en bas à gauche) et Pascal Tardy

Garder une identité rurale et choisir la mariée, c’est ce qui motive les maires de Vandré, Saint-Laurent-de-la-Barrière, Breuil-la-Réorte et Chervettes à se rapprocher.

Faire de ces quatre bourgades de la communauté de communes (CDC) Aunis Sud une seule entité qui compterait 1 575 habitants : c’est le projet sur lequel les maires planchent. Ils seraient précurseurs sur l’Aunis, car en Charente-Maritime, seules deux communes nouvelles ont été créées depuis janvier 2016 (lire par ailleurs).
Pourtant, lors de la présentation faite par les services de la CDC en octobre 2015, tous se sont dit : « Ce n’est pas pour nous ». Puis l’idée a fait son chemin et aujourd’hui les quatre édiles sont enthousiastes. L’un des premiers arguments avancés par tous : choisir la mariée. « On ne veut pas laisser l’État décider pour nous », lance Pascal Tardy maire de Vandré. Et pour Chervettes et Saint-Laurent se profile la crainte de se voir imposer une union avec des communes des Vals de Saintonge : « On veut avoir l’opportunité de rester sur la CDC Aunis Sud, poursuit Marie-Véronique Charpentier maire de St-Laurent. On vient enfin de changer d’arrondissement, depuis le 1er janvier on est sur Rochefort. On ne désespère pas de changer de canton. »
Le nerf de la guerre est monétaire
Ils se retrouvent aussi autour de l’envie de conserver une identité rurale pour leurs communes, comme l’explique Daniel Rousseau, maire de Chervettes : « La ruralité, pour nous, c’est un phénomène à respecter car c’est le choix des habitants de vivre dans une commune rurale. »
Autre raison, qui est la plus pragmatique, le budget. La baisse des dotations de l’État met en péril les petites communes rurales et les caisses se vident au détriment des investissements : « Les communes de moins de 500 habitants sont réellement menacées, souligne Jean-Marc Neaud maire de Breuil-la-Réorte. La question est « est-ce qu’on attend d’avoir nos caisses vides pour se marier ? ». La réponse est non pour lui comme pour ses homologues.
Car le nerf de la guerre est bien monétaire, et ce que ces maires voient dans cette union est la mutualisation des moyens et des services rendus à la population : « Entre Chervettes et Saint-Laurent nous avons déjà un syndicat de gestion des véhicules pour l’entretien des chemins et des espaces verts avec une mutualisation de notre employé communal et de notre secrétaire », met en avant pour preuve de bon fonctionnement Marie-Véronique Charpentier qui ne veut pas que sa commune ne fasse que « survivre ».
Partage des bâtiments communaux et mise en place d’une « urbanisation intelligente en faisant attention à la consommation des terres agricoles », sont dans les projets.
RPI avec St-Mard
Seul point noir au tableau, le RPI qui existe entre St-Laurent, Chervettes, Breuil et… St-Mard. Denis Rouyer a la réponse : « Il n’est pas remis en cause, les enfants qui ont débuté leur scolarité la finiront dans le RPI. Après il y aura sûrement une refonte de la scolarité. St-Mard pourra reprendre son autonomie. » L’académie aura aussi son mot à dire.
Quoi qu’il en soit, si les conseils municipaux n’ont pas tous voté à l’unanimité ce rapprochement, le vote “pour” est effectif.
Les maires vont maintenant plancher sur une charte commune qu’ils présenteront au printemps aux habitants. Mais Pascal Tardy est sûr d’une chose : « On s’est embarqué dans une belle histoire ».



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