L’invité : Guy Gilbert, Rochefortais, curé et tellement libre

Publié le 4 avril 2018 | Actualité / L'invité de L'HEBDO / Une

Guy Gilbert, alias le curé des loubards, une gueule qui a de la gouaille

À 82 ans, Guy Gilbert en impose toujours autant. Rencontre avec le curé des loubards. Âmes sensibles s’abstenir, oreilles chastes aussi, mais à lire sans modération !

Ses signes ostentatoires les plus précieux sont ceux qui, bien souvent, le rattachent au monde de la rue, de ses violences et de sa précarité. Depuis près de 50 ans, Guy Gilbert les épingle sur son Perfecto en cuir noir. Entre retours en arrière et moments présents, le curé des loubards a accepté lors de son récent passage à La Rochelle, de nous livrer sa vision exhaustive qu’il porte sur la société d’aujourd’hui. Une dernière taffe sur sa sèche, avant que l’histoire ne commence et laisse place à un pan de vie passée bien loin des ors de la Curie romaine.

Comment s’est passée votre enfance à Rochefort ?
Je suis né à Rochefort il y a 82 ans, d’une famille de 15 enfants, huit filles et sept garçons. Tu sais dans l’ancien temps on baisait beaucoup. On faisait l’amour. Mais on ne faisait pas forcément l’amour pour faire des enfants. Maintenant avoir six gosses, c’est une orgie. Un seul, pauvre gamin il doit se faire chier tout seul. J’ai retenu une chose essentielle, je ne fais que rendre l’amour que j’ai reçu de mon père. Même si c’était souvent des branlés le soir. Des taloches, ça, j’en ai reçu.

Quand êtes-vous entré en religion ?
À 13 ans, j’ai dit à mon père « je veux devenir prêtre« . Il m’a répondu,  » mais ça te prend comme une envie de pisser ». Il essaie de me placer dans trois collèges. Trop vieux, trop con, pas bon. Et sur le trottoir de la rue Pierre-Loti, il me dit,  » tu veux rentrer au séminaire et bien on va essayer « . Il a dit au supérieur,  » s’il reste 15 jours ce sera pas mal « . J’en ai fait 13 ans. J’avais un tempérament très libre. J’y ai appris la messe. C’était chiant. Le matin on devait la servir. Ensuite j’ai continué au grand séminaire à La Rochelle.

Pour en savoir plus, lisez L’HEBDO du jeudi 29 mars.