L’invité : Jean-François Clervoy, l’astronaute qui a réparé Hubble

Publié le 17 avril 2018 | Actualité / L'invité de L'HEBDO / Une

Jean-François Clervoy dans l’Airbus Zero-G de Novespace (©Laurent Theillet / Novespace)

Il y a vingt ans, Jean-François Clervoy devenait le 5e Français à aller dans l’espace. Il a notamment fait partie du jury qui a sélectionné Thomas Pesquet, le dernier en date.

C’est un rêve de gosse que beaucoup ne réaliseront jamais. Mais Jean-François Clervoy, lui, a tout donné pour devenir astronaute. Avec trois missions à son actif, dont la réparation du télescope spatial Hubble en 1999, il fait partie des rares élus à être allés dans l’espace. Il n’en est d’ailleurs jamais vraiment revenu, tant la passion anime son regard quand il se souvient.

Tout d’abord, à quoi ça sert d’aller dans l’espace ?
La conquête spatiale sert plusieurs objectifs. Ce n’est pas un service au sens sonnant et trébuchant, pratique tout de suite immédiatement sur Terre, mais il y a énormément d’intérêt à aller dans l‘espace. Des intérêts géopolitiques, stratégiques comme montrer à un pays qu’il est puissant parce que maîtriser les techniques spatiales, c’est maîtriser les technologies les plus difficiles dans l’industrie. C’est bien sûr inspirer les jeunes : quand vous regardez les courbes du nombre de doctorats délivrés à des jeunes aux États-Unis en fonction du temps, elles épousent avec un léger décalage, le temps que ça prenne effet, le budget de la NASA.

Cela sert aussi la science ?
On fait énormément avancer la connaissance, en particulier celle qui aide à répondre à une question philosophique : Pourquoi nous ? Pourquoi on est là, d’où l’on vient, où on va et comment le vivant est apparu ? D’ailleurs, toutes les missions d’exploration du système solaire ont comme instrument et objectif principaux de rechercher des traces de vivant ailleurs. On appelle ça l’exobiologie, et elle sert aussi à savoir comment le vivant terrestre peut s’adapter aux milieux extérieurs.

Et sur Terre ?
Ça rend notre industrie plus compétitive parce qu’une industrie qui maîtrise les techniques du vol habité et les techniques spatiales en général, est une industrie qui est capable de répondre, avec plus de garanties, à un client qui demande des choses difficiles. Là il y a des retombées indirectes sur la maîtrise de la sécurité, des matériaux qui rendent plus sûrs les avions et les voitures, sur les techniques de gestion.

Pour en savoir plus, lisez L’HEBDO du jeudi 12 avril.



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