L’invité : Philippe Riché, après l’Amour est dans le pré

Publié le 2 août 2017 | Actualité / L'invité de L'HEBDO / Une

Viticulteur, Philippe Riché défend les exploitations à taille humaine

Ancien candidat de L’Amour est dans le pré, Philippe Riché a d’autres engagements que la recherche de l’amour, plus politiques.

Certains reconnaîtront ce visage qui a fait les beaux jours de l’émission de M6 en 2013. Mais Philippe Riché n’est pas seulement à la recherche de l’amour. Il est engagé politiquement depuis plusieurs années et a créé le Rassemblement pour la démondialisation en 2017 sous la bannière duquel il s’est présenté aux législatives dans la 2e circonscription de Charente-Maritime. Il y a fait 0,1 % des suffrages exprimés. Mais qu’importe, il souhaite être la voix des petits exploitants.

Comment vous êtes-vous inscrit à L’Amour est dans le pré ?
Je suis passionné de country et tous les mardis soir aux répétitions, les copines me demandaient si je connaissais l’émission. Je ne suis pas très télé, alors non. J’ai regardé et j’ai écrit en me disant que je ne serai pas pris. Et un jour la productrice m’a appelé pour me dire que j’avais été sélectionné parmi les 765 lettres qu’ils avaient reçues.

Quels sont les critères de sélection ?
Je ne sais pas, mais Karine Lemarchand et la productrice me disent que je suis un personnage haut en couleur.

La question qu’on doit vous poser au quotidien, avez-vous trouvé l’amour ?
Non, toujours pas. Mais je suis en train de rencontrer quelqu’un en ce moment et l’avenir nous dira tout.

Qu’est-ce que vous retirez de cette aventure ?
C’est une super aventure. D’abord parce que j’ai eu l’opportunité d’avoir été sélectionné et de l’avoir fait. D’avoir aussi rencontré Karine Lemarchand et les gens de la production. Et depuis ça m’a ouvert énormément de portes.

Quels genres de portes ?
J’ai participé au Festival de la fiction TV à La Rochelle, j’ai fait un tournage avec une actrice country, un clip vidéo, un autre pour une boîte de formation dans les Alpes-Haute Provence. Récemment j’ai tourné dans deux séries qui seront bientôt diffusées sur France 3. Je suis aussi parrain de l’association les Deux aiLes en Bretagne en faveur des enfants handicapés. Je suis parrain d’un festival country en Vendée… Je suis très sollicité.

Qu’est-ce que ça vous apporte ?
Ça me permet de me faire connaître et comme je travaille avec un ami viticulteur, Philippe Davril.

Ça vous permet de faire connaître votre travail en tant que viticulteur ?
C’est surtout ça. Je suis un ancien syndicaliste, j’ai été 30 ans au mouvement de défense des exploitants familiaux (MODEF). J’avais des responsabilités départementales et nationales. J’ai donc des arguments pour parler du produit que nous proposons et du métier.

L’engagement politique est quelque chose qui vous suit depuis longtemps ?
Oui, j’ai été chassé de mon syndicat parce que je n’étais plus d’accord avec lui. J’ai aussi été au PCF pendant presque 30 ans puis au POI. Dans ma vie j’ai toujours été engagé. Je me suis présenté pour le PCF aux législatives, puis une seconde fois sous le Front de gauche.

Et pourquoi cette dernière campagne aux législatives ?
Je suis parti sans étiquette politique ce coup-ci parce que j’en ai marre. Je me suis présenté pour créer un mouvement pour la démondialisation. J’ai toujours été un fervent défenseur des petits paysans comme moi. Le monde dans lequel on vit, n’est franchement pas le mien, c’est pour ça que j’ai lancé le Rassemblement pour la démondialisation. En 2016, il y a eu 150 paysans qui se sont suicidés à la suite de harcèlement et de menaces d’organismes qui tournent autour de l’agriculture. Ils sont là pour nous encadrer mais en fait ils nous font crever.

Vous ne mâchez pas vos mots.
Je le dis haut et fort, on a affaire à des bandes de voyous. En 1950 il y avait 1,5 million de paysans, aujourd’hui il n’y en a plus que 350 000. Demain qu’est-ce qu’on va faire ? En sachant que ce ne sera que dans des grosses structures. Moi, je me suis toujours battu pour les petites structures familiales. Il faut retrouver une agriculture à taille humaine pour qu’on puisse vivre de notre produit et que notre métier nous permette de couvrir nos coûts de production.

Vous êtes contre la PAC (Politique agricole commune) ?
On ne devrait pas la toucher. Qui c’est qui paye les primes PAC aux agriculteurs ? C’est l’Europe, donc c’est nous et vous. C’est inadmissible. Le système est pourri parce qu’on devrait vivre de notre métier et ne pas avoir d’aide. En viticulture, quand on calcule nos charges, il ne nous reste rien pour vivre, car elles sont deux à trois fois plus lourdes qu’il y a 20 ou 30 ans. Je n’ai pas honte de dire que mes parents me donnent un coup de main financièrement. Et moi ça va parce que j’ai le moral, parce qu’il y en a qui se mettent la corde au cou.

Que faudrait-il mettre en place pour que ça aille mieux ?
Il faut sortir de l’OMC, de l’OTAN, du FMI, de l’Europe et de l’euro, c’est la mondialisation. Il faut sortir de tout ce système qui est en train de nous faire crever. Viticulture, élevage, céréales ce ne sont pas nous qui fixons nos prix mais l’interprofession, c’est inadmissible ! C’est la faute de la FNSEA qui a cautionné toutes les politiques.

Votre programme peut faire peur car il est proche des extrêmes.
Il fait peur à tous ceux qui sont pour la mondialisation, les financiers. J’irai bien dans le sens de Jean-Luc Mélenchon, mais il ne va pas assez loin car il veut faire une autre Europe et moi je n’en veux plus du tout. Mais je n’ai rien à voir avec Marine Le Pen et tous les voyous qui l’entourent. Comment peut-on croire qu’elle veut démondialiser alors qu’elle veut garder les primes pour l’Europe et son salaire de député européen. Il faut arrêter de mentir aux gens, il faut être honnête et ils ne le sont pas.

Quelle est la prochaine étape de votre rassemblement ?
On va se présenter au bureau national interprofessionnel du Cognac et l’organisme national viticole. On reviendra aux cantonales et aux municipales. L’objectif est de rassembler paysans et ouvriers dans ce mouvement et que ce rassemblement s’étoffe.

Carine Fernandez



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