L’invitée : Agnès Brion, comédienne, revendique sa ruralité

Publié le 9 octobre 2017 | Actualité / L'invité de L'HEBDO / Une

Agnès Brion : « Si j’ai pu avoir accès à la culture, c’est grâce à l’éducation populaire »

Comédienne, auteur, metteur en scène, Agnès Brion est aussi animatrice d’ateliers sur Aunis Sud depuis plus de 20 ans. Une activité difficile à mener aujourd’hui.

Au cœur de la création de l’association Les 3C théâtre en 1996, Agnès Brion se revendique du monde rural avec l’envie de partager son art au plus près des habitants du territoire. Même si les choses sont bien plus compliquées aujourd’hui.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir comédienne ?
Je travaillais au théâtre du Kronope dans les relations publiques. C’est le milieu artistique qui m’a parlé. On y faisait de la Comedia del Arte et quand j’ai arrêté avec eux, Carlo Boso qui est le maître incontesté de la comedia, faisait des stages à Saintes. J’ai tenté l’audition avec un culot monstre. Mais si je suis devenue comédienne, ce n’était pas vraiment pour monter sur scène mais plutôt parce que j’avais des choses à dire sur le milieu rural.

C’est-à-dire ?
C’était pour donner la parole à une culture rurale. La preuve est qu’au départ j’ai écrit des textes pour des amateurs, mais je ne jouais pas. C’était les premières années des 3C et je n’avais pas une soif d’être sur scène. C’était des spectacles créés avec des foyers ruraux et je revendique ce qu’on a fait avec les ateliers de St-Saturnin-du-Bois et de Surgères.

Que vous a apporté votre formation avec Carlo Boso ?
Je pense que ça m’a légitimée. En tant qu’intermittent du spectacle on a droit à des formations tous les deux ans, et je dois être la personne la plus formée. Je pense que c’est ce qui fait que je suis une bonne pédagogue. Aussi parce que j’ai appris tard, donc je vois ce sur quoi les gens ont un frein car je les ai moi-même touchés et j’ai plus nommé ces blocages que quelqu’un qui fait du théâtre à 20 ans.

Pourquoi cet attachement au clown ?
Ça a été un stage auquel j’ai assisté à Niort chez les Matapest. J’ai adoré. Pour moi dans le clown il y a cette histoire d’enlever le 4e mur. Dans La Désireuse j’étais déjà là-dedans. Cette proximité avec le public me parle énormément. Le fait de faire de la rue, on a une porosité avec le public qu’il n’y a pas dans le théâtre. Mais en ce moment je suis en train de retrouver le plaisir et le confort de ce 4e mur, je ne dis pas que je n’y viendrai pas. On a d’ailleurs monté Les Lavandières en salle. Mais au début j’avais besoin de sentir qu’il n’y avait pas ce côté élitiste du théâtre.

Pour en savoir plus, lisez L’HEBDO daté du jeudi 5 octobre.



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