Récoltes : la météo sème la crainte

Publié le 19 juin 2017 | Actualité / La semaine / Une

La récolte 2017 sera-t-elle meilleure que la 2016 ? (©Agriculteur Charentais)

A l’heure ou la préfecture en appelle à la « responsabilité de tous » en matière d’eau sur notre département et que les associations de défense de la nature s’indignent des mesures prises qu’elles ne trouvent pas assez drastiques, l’agriculture marche sur un fil.

Une météo propice rattraperait un mois d’avril terrible pour les plantations.  » La sécheresse était déjà là, mais les fortes températures que nous avons connues, qui ont suivi un épisode de gel, ont fragilisé les récoltes, souligne le président de la chambre d’agriculture de Charente-Maritime et du Poitou-Charentes, Luc Servant. Ce qui paraissait bien à la sortie de l’hiver a souffert.  » Le mois de mai et le début de juin n’ont rien arrangé. La météo n’ayant pas frappé partout avec la même intensité et les sols n’étant pas tous les mêmes, Luc Servant se voit dans l’obligation de tisser un canevas pour estimer le niveau de production et de qualité de la récolte à venir.  » Le potentiel risque d’être limité sur les terres sans réserve hydrique, dans l’extrême nord ou le sud du département. Les rendements pourraient être peu importants. Sur les terres profondes, en Aunis autour de La Rochelle et Surgères, comme dans les marais drainés, cela sera mieux.  »

Blé : grandes différences
Céréale par céréale, la sentence probable reste la même pour Luc Servant, lui-même producteur à Tonnay-Boutonne, car les productions seront très disparates.  » Le blé de printemps, le tournesol et l’orge pourraient connaître de grandes différences selon le type de sol, comme le colza et le blé d’hiver. Ces deux dernières pourraient avoir des rendements assez bas, sauf si on a un peu d’eau. Mais les sols sont très secs. Nous manquons beaucoup d’eau. Or il en faut, qu’elle soit de pluie ou d’irrigation. Mais pour cette dernière, nous avons peu de réserves et beaucoup d’interdictions préfectorales de pompage.  » Cette difficulté étant récurrente, nombre d’agriculteurs ont déjà abandonné le maïs, très gourmand en eau, au profit des pois, de l’orge ou des blés d’hiver selon Luc Servant. De quoi refaire surgir le spectre de la récolte 2016, catastrophique tant au niveau des volumes que de la qualité des grains, les moissons s’étant faites sous la pluie, ce qui avait entraîné leur pourrissement.

Coup de gel
Et les autres cultures ? Les arboriculteurs, notamment les producteurs de pommes, ont souffert du gel, comme les viticulteurs.  » Un tiers de la récolte est perdu, voire plus « , se désole Luc Servant. Quant aux éleveurs, s’ils ont connu une bonne première coupe de foin après l’hiver, rien n’est plus allé ensuite.  » Si le temps reste sec, il n’y aura eu qu’une seule coupe et ils devront vite attaquer les stocks « , prévient le président. Pourtant la Charente-Maritime pourrait s’en tirer mieux que les trois autres départements de l’ancienne Poitou-Charentes, où le gel a beaucoup plus sévi qu’au bord de l’océan. Dernier point, la production mondiale.  » Une grande partie de l’Europe a connu la sécheresse alors que le nord de l’Amérique a été sous la pluie. Les marchés ne réagiront qu’à la récolte. Mais il n’y a plus de régulation. Cela fait quatre ans que l’on a des prix bas.« 



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