Sauvegarde : le busard cendré, une espèce menacée

Publié le 13 juillet 2017 | Le magazine de L'HEBDO / Une / Week-end

Un couple de busards cendrés

En péril depuis des années, ce petit rapace concentre toute l’attention du Parc du marais poitevin, de la LPO et de groupes ornithologiques locaux.

Malheureusement, 2017 n’est pas un bon cru pour la sauvegarde du busard cendré. Ce petit rapace, dont le mâle n’excède pas 350 g et la femelle 270 g, migre dans nos contrées tous les ans en avril en provenance d’Afrique (sud Sahara). C’est pour se reproduire qu’ils remontent en Europe.

Mais voilà, cette année, plusieurs facteurs se sont associés pour mettre des bâtons dans les roues de la reproduction du busard cendré. Tout d’abord les campagnols des champs, leurs mets de choix, sont peu nombreux. Y sont associées des conditions météorologiques peu favorables.

Les jeunes n’ont pas pu prendre leur envol
Le busard cendré est arrivé en retard d’une dizaine de jours. Puis la sécheresse a avancé de quinze jours les moissons. Un énorme problème pour ce rapace qui niche au sol dans les plaines céréalières. Ces quinze jours d’avance signifient deux semaines de moins de maturité pour les jeunes qui n’ont pas pu prendre leur envol avant l’arrivée des moissonneuses-batteuses. À cette sécheresse s’est ajoutée une semaine de pluie avec une baisse drastique des températures qui aura eu raison des plus jeunes qui venaient d’éclore.

La Ligue de protection des oiseaux (LPO), le parc régional du Marais poitevin et les associations ornithologiques des Deux-Sèvres, de Charente-Maritime et de Vendée se sont associés pour encadrer au mieux cette reproduction nécessaire à la survie de l’espèce. La population mondiale représente entre 15 000 et 20 000 couples, la France pouvant accueillir jusqu’à 20 % de ces derniers, avec une préférence pour l’Ouest et plus particulièrement le Poitou-Charentes et la Vendée. Une aide de 20 000 euros en provenance de l’État et le mécénat d’une entreprise rochelaise permettent de coordonner cette protection localement.

Campagne de sensibilisation
Car la sauvegarde de ces petits rapaces, n’est pas une mince affaire en raison de leur façon même de nicher. Ils ont tout d’abord des prédateurs naturels comme les renards, les fouines et les corvidés pour les œufs ; les milans noirs et les goélands sont, eux, friands des petits. Il est aussi nécessaire de sensibiliser les exploitants agricoles puisque les busards cendrés nichent dans leurs champs. Ils sont 1 300 dans le marais poitevin. Tous les ans depuis 1999, des campagnes de sensibilisations sont menées auprès d’eux pour mettre en place des systèmes de protection autour des nids (lire ci-dessous). Un travail de fourmi très méticuleux que les passionnés des associations partenaires aiment à mettre en œuvre.



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