Charron : le drôle de ballet des chiens de bergers

Publié le 8 août 2017 | Chez nous / Marans - Courçon et alentours / Une

La conduite de troupeaux ne s’improvise pas. Rencontre avec des éducateurs de chiens de bergers…

Samedi 29 et dimanche 30 juillet, 34 chiens et leurs maîtres, spécialisés dans la conduite des troupeaux de bovins ou d’ovins se sont retrouvés à Charron pour un concours national. Venus de toute la France, voire pour certains de l’étranger, tous ont cette particularité de pratiquer cette discipline qui peut être ludique ou professionnelle.

Une première pour l’Aunis Atlantique Club Canin Charentais (AACCC), installé sur l’ancien terrain de camping municipal depuis bientôt deux ans. « Nous avons une quinzaine de nos adhérents qui pratique cette discipline. Mais seuls Didier Llorca et moi-même pratiquons la compétition », explique le président du club, Serge Rafin.

Un cercle relativement restreint dans lequel évoluent la plupart du temps des bergers professionnels éleveurs également de chiens. Tous ont pour tâche de conduire des troupeaux, ce qui nécessite une grande maîtrise et une complicité entre le maître et le chien.

18 mois d’éducation

À ce jeu-là, le border collie a la cote. Didier Llorca et Serge Rafin n’échappent d’ailleurs pas à la règle. Il leur aura fallu pas moins de 18 mois pour « éduquer et non dresser » -les deux compères y tiennent- Look et Like. Et puis il y a les champions, moins cabotins et beaucoup plus aguerris à la conduite des troupeaux.

Parmi ceux qui avaient fait le déplacement jusqu’à Charron, Enkore. Un border collie de surcroît, double champion de France en titre, âgé aujourd’hui de huit ans. Quatre ans déjà qu’il truste les podiums, tout comme l’avaient fait avant lui son père, également titré deux fois, ou mieux encore son grand-père maternel, champion du monde 2008 de la discipline. Des succès auxquels il convient d’associer leur maître, Michel Jolly.

Aujourd’hui retraité et retiré dans la Creuse depuis un an, celui qui est d’origine vendéenne fait référence dans le monde de l’élevage de chien de troupeaux et bien au-delà de nos frontières.

En début d’année au Brésil, d’ici quelques semaines aux États-Unis, Michel Jolly dispense un savoir acquis depuis plus de quarante ans. « J’ai été un des premiers en France à élever des border collies. Dès 1972 ! », précise-t-il.

La relève est déjà assurée

Des chiens qui pendant toute son activité de berger éleveur gardaient ses 400 brebis sur le plateau de Valensol dans les Alpes de Haute-Provence. Et puis le loup est revenu.

« Les cinq dernières années avant ma retraite, j’ai perdu environ 150 brebis. Alors j’ai décidé de partir, comme d’autres d’ailleurs ».

D’ici la fin de l’année, Enkore prendra aussi sa retraite. Jock, trois ans, prendra la relève sous peu. Plus tard ce sera au tour de Malko, âgé de seulement sept mois et encore un brin cabotin.

« Tous avec un K dans leur nom. C’est ma marque de fabrique », conclut Jean Michel Jolly.



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