Le choix de L’HEBDO : Aix à la recherche d’un médecin

Publié le 29 juin 2017 | Actualité / Le choix de L'HEBDO / Une

Photo d’illustration DR

Cette bourgade insulaire perdra bientôt son seul médecin, qui songe à la retraite. Mais trouver quelqu’un pour le remplacer s’avère compliqué, tant les conditions pour exercer sont rudes.

Son arrivée en 2014 avait soulagé les habitants de l’île d’Aix, qui cherchaient un médecin généraliste. Trois ans plus tard, François Laprade, 69 ans cet été, songe à prendre enfin sa retraite. Mais le seul médecin de l’île refuse de quitter son poste sans avoir trouvé son successeur. « Cette île m’a accueilli, j’ai le devoir de trouver quelqu’un. Je resterai quelques mois ou semestres supplémentaires« , assure-t-il.

C’est là que ça se complique : trouver un médecin qui veuille bien exercer sur l’île d’Aix est un défi. « Un généraliste ne peut pas manger. On a 150 malades potentiels sur l’île l’hiver, d’octobre à juin, c’est tout. Il faut 2 000 clients pour vivre« , souligne François Laprade. Pour lui, l’idéal serait d’être retraité, de toucher sa pension et d’exercer en plus.

Faire le SAMU
Mais le revenu ne fait pas tout : pour être un bon médecin sur l’île d’Aix, il faut surtout être polyvalent. « On touche à tout, il faut être habitué à tout comme les urgences« , insiste celui qui est aussi médecin urgentiste. Il faut par exemple assurer les gardes du SAMU, car l’île est difficile d’accès. « On est la seule vraie île du département. Pour venir, c’est soit le bateau en 20 minutes, soit en hélicoptère. Puis il faut transporter la personne à l’hôpital de Rochefort ou La Rochelle à ma demande. On n’a pas de pont pour que les pompiers interviennent rapidement, comme Oléron ou Ré« .

Il ne faut pas non plus négliger le problème de la solitude. « L’hiver, il n’y a que quatre bacs, il faut être patient« , indique François Laprade. Mais tout dépend de la façon de le voir : la solitude peut surtout être un gage de tranquillité.

Vite, une infirmière pour cet été !
Mais le plus important pour le docteur Laprade est de trouver une infirmière pour cet été. « On a trois personnes très très dépendantes, et le reste relativement dépendant. 30 % de la population a plus de 80 ans, on aura un troisième bébé en juillet et l’école n’a jamais eu autant d’enfants, 17 aujourd’hui« , détaille le médecin.

Le maire de l’île d’Aix est on ne peut plus d’accord : « La CPAM indemnise le médecin pour chaque nuit qu’il passe sur l’île, mais pas les personnels infirmiers. On négocie avec l’Agence régionale de santé, et on est proches d’aboutir. Ça faciliterait aussi l’installation d’un médecin« . Une pétition a d’ailleurs été lancée par une habitante pour trouver une infirmière cet été, relayée dans plusieurs départements sur les réseaux sociaux.

Ce problème concerne aussi les zones rurales de la Charente-Maritime, touchée par la désertification médicale. Existe-il des solutions pour l’endiguer ?

Pétition : http://www.change.org/p/stephanie-peronne-l-île-d-aix-un-paradis-sur-terre-ou-un-désert-médical



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