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St-Ouen-d'Aunis : un outil du quotidien

Charente-Maritime. Depuis 2014, l’IME du Breuil s’est vu doter de tablettes numériques par la Fondation Orange. Les éducateurs souhaitent passer à la vitesse supérieure.

St-Ouen-d'Aunis : un outil du quotidien
Marie Blanc occupe depuis la rentrée de septembre un poste d’enseignant à mi-temps à l’IME du Breuil.
[caption id="attachment_2147" align="alignnone" width="630"]Marie Blanc occupe depuis la rentrée de septembre un poste d’enseignant à mi-temps à l’IME du Breuil. Marie Blanc occupe depuis la rentrée de septembre un poste d’enseignant à mi-temps à l’IME du Breuil.[/caption]

Depuis 2014, l’IME du Breuil s’est vu doter de tablettes numériques par la Fondation Orange. Les éducateurs souhaitent passer à la vitesse supérieure.

Après avoir répondu en 2014, puis en 2015 à deux appels à projets lancés par la Fondation Orange, l’Institut médico-éducatif (IME) du Breuil a pu bénéficier d’un don de 20 tablettes numériques. Équipées d’applications spécifiques et connectés à une plate-forme de téléchargement dédiée, les tablettes sont depuis mises à la disposition d’enfants et de jeunes adultes autistes.

L’expérience a été prolongée en septembre par la création d’un poste d’enseignant à mi-temps à l’IME du Breuil, par l’Éducation nationale. Un tableau numérique interactif, en liaison avec les tablettes sera également installé d’ici peu dans la salle de classe. Tous les acteurs de ce projet sont aujourd’hui unanimes sur le bien-fondé de l’utilisation de cet outil. Ils souhaitent aller plus loin dans sa vulgarisation auprès des autistes et tordre le cou à certaines idées préconçues. « Les enfants, s’approprient très vite les tablettes, cela leur permet de travailler à leur rythme. Nous sommes intimement persuadés qu’elles pourraient servir d’outil de communications pour les adultes autistes mais aussi pour les personnes atteintes de troubles cognitifs », explique Émeline Fournier, éducatrice spécialisée au Breuil.

Des applications proposent en effet déjà de transcrire un assemblage de pictogrammes en une simple phrase. Avec la miniaturisation actuelle des tablettes, il n’est pas interdit d’imaginer que chaque personne handicapée ou non, mais souffrant de troubles de la communication puisse se voir doter individuellement de l’outil. Reste à convaincre les responsables des différentes Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). « La tablette numérique, ce n’est pas qu’un gadget qui sert à jouer. C’est un outil qui a trouvé sa place dans le quotidien et qui pourrait très vite devenir un système mobile de communications pour les personnes handicapées. Il faudrait que les tablettes puissent être prises en charge par les MDPH au titre de l’aide matériel, dont peuvent bénéficier certains handicapés », commente Sonia Ahehehinnou, une des administratrices de l’Adapei 17, l’association de parents de personnes handicapées mentales.

Une idée que la jeune femme a bien l’intention de défendre bec et ongles devant les institutions. Elle émet aussi un souhait à plus court terme, « il faut que ce poste d’enseignant se transforme en un temps complet ».

[caption id="attachment_2148" align="alignnone" width="630"]Bernard Charron. Bernard Charron.[/caption]

« Il faudra convaincre »

De 2011 à 2015, Bernard Charron a été président de la commission des droits de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) au sein de la MDPH de la Charente-Maritime. Même si l’idée de voir des tablettes numériques être prises en charge un jour lui semble plus que légitime, la partie n’apparaît pas gagnée pour autant. Selon lui « il faudra convaincre ! ».

« Je connais bien le problème. C’est la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) qui détermine les aides techniques éligibles au financement. La CDAPH dépend du Conseil départemental. In fine c’est celui-ci qui décide de financer ou pas. Sauf si la CNSA venait à décider que les tablettes numériques soient prises en charge. Hormis quelques rares situations pouvant être traitées au cas par cas, hélas, je ne pense pas que ce soit actuellement dans l’air du temps », a-t-il expliqué.

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