L'école de commerce avait fait le choix de la citation directe à l'encontre de la journaliste Romane Brisard et du directeur de la publication du média en ligne StreetPress, Jonathan Myara. Aucune des parties n'était présente à l'audience. Le parquet de La Rochelle n'étant pas à l'origine des poursuites, il appartenait donc à Me Pauline Lagrave d'apporter la preuve de la culpabilité des deux prévenus, et à sa consœur du barreau de Paris, Me Valentine Reberioux, de démontrer l'innocence de ses deux clients.
Les faits remontent au 28 juin 2023 lorsque la journaliste d'investigation indépendante, auteure de plusieurs ouvrages et qui pige notamment pour Mediapart, France-Inter et Libération signe un article dans StreetPress : "Le doyen d'Excelia business school accusé de harcèlement sexuel". Avec en surtitre : "La direction l'a-t-elle protégé ?"
"Le droit de la presse, c'est terrible"
Pour Me Reberioux, "le droit de la presse, c'est terrible. Si on s'attaque aux journaux, on s'attaque à la liberté d'expression. L'institution aurait protégé le mis en cause." Durant une heure de débats, les faits présumés d'agression sexuelle, pour lesquels aucune plainte n'a d'ailleurs été déposée, n'ont pas réellement été évoqués. L'article est malgré tout illustré de dessins dont un montrant la main d'un homme en costume posée sur l'épaule d'une femme en souffrance, avec pour décor l'école Excelia fissurée. Depuis cette affaire, l'ex-doyen a été muté à la direction d'une école de commerce parisienne. Me Lagrave estime que l'article est à charge et ne respecte pas la procédure du contradictoire : "C'est une méthode déloyale. Elle consiste à employer le mot doyen alors qu'il ne l'est plus."
L'école de commerce, qui s'est constituée partie civile, réclame l'euro symbolique pour le préjudice d'image qu'elle estime avoir subi. Le procureur de la République s'en remet à la sagesse du tribunal. Pour la défense, une exception de nullité est soulevée. Le chèque de caution d'Excelia n'aurait pas été versé dans les temps impartis par le tribunal lors de la première audience de renvoi : "Depuis le début de ce dossier, cette procédure est mal embarquée. Ce sont des propos désagréables mais pas diffamatoire." Le tribunal rendra sa décision le 5 février.
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