Environ 2.500 visiteurs ont déjà vu cette exposition, en novembre-décembre 2025, au Service historique de la Défense dans la cité de Colbert. Inspiré de faits réels et du célèbre tableau de Géricault présenté au Louvre en 1819, ce récit en bande dessinée intitulé L'oubliée du radeau de la Méduse retrace l'épopée des survivants de la frégate La Méduse.
Commandée par le capitaine Hugues Duroy de Chaumareys, elle est partie de Rochefort le 17 juin 1816 et s'est échouée le 2 juillet sur le banc d'Arguin, au large de la Mauritanie. La faute au non-respect d'indications. Croyant pouvoir alléger la frégate de ses marchandises, un radeau est construit. "Les charpentiers et les vivandiers vont s'employer à le réaliser, à partir de bois destiné au comptoir colonial. Il avait la forme d'une palette retournée", explique Marie Chouleur, conservatrice en chef du patrimoine au Service historique de la Défense. En raison d'une voie d'eau sur la frégate, 150 hommes d'équipage vont prendre place sur ce radeau ingouvernable. Au terme de quinze jours de dérive, seule une quinzaine survivra.
Une esquisse en noir et blanc de la BD visible à l'exposition - - © Service historique de la Défense
Une soixantaine de planches
Autour de cette œuvre imaginaire de Gilles Cazaux et de Thierry Soufflard, parue à l'automne 2025 (éditions Marabulles), l'exposition rassemble une soixantaine de planches originales et de dessins. Elle les mêle à de nombreux documents d'archives et de bibliothèque du 19e siècle : rôle d'équipage, témoignages des rescapés, minutes du retentissant procès du commandant de la frégate naufragée. Deux audiovisuels sont aussi présentés en intégralité : le premier sur l'élaboration de la bande dessinée par ses auteurs, depuis le story-board jusqu'à la colorisation des planches. Le second est un documentaire fiction intitulé La véritable histoire du Radeau de La Méduse, réalisé en 2014 par Herlé Jouon, Gil Kebaili et Émilie Dumont. Il lève le voile sur la construction de cette embarcation de fortune.
Centrée sur la figure féminine, réelle ou supposée, d'une cantinière qui aurait été à bord du radeau, la bande dessinée réinterroge un épisode dramatique de l'histoire, qui inspira à Géricault son chef-d'œuvre pictural. "Au moment de la sortie de cet album, a germé l'idée de présenter à la fois des planches de bande dessinée et des documents d'archives originaux, souligne Marie Chouleur. Les auteurs avaient choisi de mettre en scène une cantinière du nom de Blanche."
L'une des planches de la BD L'oubliée du radeau de la Méduse - - © Service historique de la Défense
Visite commentée
L'exposition a plusieurs niveaux de lecture : pour les passionnés d'histoire, voir les documents de la Méduse. Les bédéphiles, eux, pourront observer le travail de story-board. Quant à ceux qui ont une fibre d'enquêteur, ils pourront se forger une opinion sur l'existence réelle ou supposée de cette cantinière. "Outre le tableau de Géricault pour se construire un univers visuel, Gilles Cazaux et Thierry Soufflard se sont inspirés de la lecture de Corréard et Savigny, deux des survivants du naufrage de la frégate, poursuit Marie Chouleur. Après leur rapatriement en métropole, ils ont fait paraître ce livre. Celui-ci a été censuré mais cela n'a pas empêché sa réédition. Ils ont aussi lu différents travaux d'historiens autour du radeau de la Méduse."
À noter que vendredi 23 janvier, à 17h30, aura lieu une visite commentée de l'exposition dans le cadre des Nuits de la lecture (sur inscription).
Expo L'oubliée du radeau de la Méduse - © Service historique de la Défense
Entrée libre et gratuite, sur présentation d'une pièce d'identité. Pour les groupes, contacter le secrétariat au 05.46.87.74.90. (touche 6) ou shd-rochefort.contact.fct@intradef.gouv.fr
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