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Santé. PMA, la France cherche donneurs de gamètes

Santé. Une pénurie de spermatozoïdes est annoncée deux ans après la loi ouvrant l'accès à la PMA pour toutes.

Santé. PMA, la France cherche donneurs de gamètes
"Le désir d'être maman est plus fort que tout. Cette envie de -porter la vie vient du fond des tripes ", lance Margaux dans la vidéo pour la campagne #FaitesDesParents - © Yanalya/ Freepik

" Le désir d'être maman est plus fort que tout. Cette envie de -porter la vie vient du fond des tripes ", lâche Margaux face caméra. Souffrant d'insuffisance ovarienne, la jeune femme s'est engagée, en solo, dans un parcours de procréation médicalement assisté (PMA) avec double don d'ovocytes et de spermatozoïdes.

David, lui, est devenu donneur à la suite d'un apéro avec des amies se plaignant des délais d'attente à rallonge pour accéder à une PMA. " Leur témoignage m'a donné envie d'aider. Je suis très fier de permettre à des gens de fonder une famille ", raconte le jeune homme.

22 800 demandes

Cette vidéo diffusée par le média en ligne Konbini a été coproduite par l'Agence de la biomédecine (ABM) pour sa campagne #FaitesDesParents lancée à l'automne 2022 pour sensibiliser le public à l'importance du don de gamètes. L'opération sera reconduite à la rentrée avec l'objectif de recruter toujours plus de donneurs. Car si leur nombre est reparti à la hausse - 764 candidats au don de spermatozoïdes en 2022, soit plus du double qu'en 2019 -, cette hausse n'est pas toujours suffisante pour couvrir, sur tout le territoire, une demande qui a explosé.

La raison ? La promulgation, le 2 août 2021, de la loi de bioéthique ouvrant l'accès à la "PMA pour toutes", dispositif jusque-là principalement réservé aux couples homme-femme infertiles. " Entre août 2021 et décembre 2022, 22 800 demandes de prise en charge d'assistance médicale à la procréation avec dons de spermatozoïdes ont été déposées par des femmes en couple ou non mariées alors qu'avant la loi on enregistrait environ 2 000 demandes par an ", souligne l'Agence de la biomédecine.

Le risque, à terme, est celui d'une pénurie de spermatozoïdes, celui d'ovocytes étant déjà une réalité. Car la loi de 2021 entérine un autre changement de taille en accordant aux personnes nées d'un don de pouvoir connaître, à leur majorité, l'identité du donneur. Pour rendre effectif ce droit, le ministère de la santé doit prochainement décider de la date à partir de laquelle le stock actuel de 110 000 paillettes "ancien régime" - issues de donneurs couverts par un strict anonymat - devra être détruit.

"On donne des cellules et pas un enfant"

Un groupe de travail réunissant, sous l'égide de l'agence, médecins de centres, associations et sociétés savantes a proposé la fin de 2024. "D'où l'importance d'augmenter le stock de 17 000 paillettes "nouveau régime", issues de donneurs qui consentent à l'accès aux origines", souligne l'agence.

Pour cela, elle peut compter sur la bonne volonté des -Français. Le dernier baromètre d'opinion publié en juin montre que 86 % d'entre eux sont favorables au don et 48 % prêts à se porter candidats. Une intention encore plus forte chez les jeunes puisque, parmi les 18-24 ans, 6 sur 10 affirment être disposés à faire un don, soit 9 points de mieux qu'en 2022.

Un mouvement qui n'étonne guère le professeur Louis Bujan, ancien chef du pôle femme, mère, couple au CHU de Toulouse. " En trente ans, la population de donneurs a beaucoup évolué, passant du profil type du père de famille quadragénaire qui agit par empathie pour les couples infertiles à un public plus jeune, éloigné de la parentalité, pouvant même déclarer ne pas vouloir d'enfant, mais qui voit dans la loi de 2021 un progrès social envers lequel il souhaite se montrer solidaire ", indique le chercheur en attendant les résultats d'une étude récemment lancée pour mieux cerner les motivations de ces nouveaux donneurs.

Il reste que l'on ne fait pas don des gamètes comme on donne son sang. " Donner ses ovocytes ou ses spermatozoïdes, c'est être capable de faire un travail de mise à distance pour comprendre que l'on donne des cellules et pas un enfant, qu'on ne fait pas partie du projet parental ", précise Marie-Ange Périé, psychologue clinicienne du service médecine de la reproduction dirigé par le professeur Bruno Salle aux Hospices civils de Lyon. Un geste qui se complique par le fait que les donneurs d'aujourd'hui pourront être, demain, confrontés aux enfants nés de leur don.

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