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Baie de l'Aiguillon. Des carottages pour mieux cartographier le milieu

Actualités​. 580 prélèvements ont été effectués dans la baie de l'Aiguillon, au large de Charron (Charente-Maritime), à la recherche de la faune et des polluants.

Baie de l'Aiguillon. Des carottages pour mieux cartographier le milieu
Les carottages sont tamisés a bord d'un bateau de travail mytilicole. - © Yannick Picard (CLP)

Du 10 au 12 janvier, une quinzaine de personnes a bravé le froid à bord d'un bateau mytilicole pour filtrer avec minutie 580 carottes prélevées dans la vase de la baie de l'Aiguillon. Une opération conduite par la Réserve naturelle nationale, en partenariat avec l'Université de La Rochelle. "Nous réalisons cet hiver une mise à jour de la cartographie des habitats benthiques (relatif au fond des eaux, N.D.L.R.) réalisée en 2003", explique Régis Gallais, conservateur de la Baie pour la Vendée.

"Cette nouvelle cartographie permettra d'évaluer l'évolution des milieux depuis deux décennies et va alimenter le programme La Rochelle Zéro Carbone, afin de quantifier les capacités de séquestration carbone à l'échelle de cet estran", poursuit son homologue pour la Charente-Maritime, Jean-Pierre Gueret.

"Nous faisons un état des lieux"

Dans le cadre de ce programme, une plateforme de mesures pour quantifier la séquestration du carbone a été installée depuis un an dans les vasières d'Esnandes. Les premiers résultats viennent de tomber. "Ça séquestre plus dans les vasières que dans les prés-salés et plus à marée basse qu'à marée haute. Entre janvier et mai 2023, d'après nos mesures, un hectare de la baie - qui en compte 5 000 - a retenu l'équivalent du carbone produit en une année par un habitant de la Communauté d'agglomération de La Rochelle", confie Jean-Pierre Gueret.

Des résultats encourageants et à affiner qui ont conduit les conservateurs et les scientifiques à pousser les relevés jusqu'en 2025. Cette fameuse baie, plus grand site d'accueil hivernal des oiseaux en France, est un véritable poumon tant pour les espèces qui y font escale que pour la faune marine.

Mais également un sanctuaire pour les scientifiques et protecteurs de la nature. "C'est la baie qui se sédimente le plus au monde. Nous faisons un état des lieux, tant sur le plan de la faune que du milieu au travers ses sédiments ", assure Philippe Pineau, ingénieur d'études au laboratoire Littoral Environnement et Sociétés (LIENSs) de l'Université de La Rochelle. Chaque millimètre de vie animale récupéré dans les tamis des chercheurs est ensuite mesuré et pesé. Avant d'être disséqué, passé en étuve et brûlé afin d'en connaître l'origine carbone.

Un second prélèvement est effectué afin d'analyser les polluants et les sédiments. - © Yannick Picard (CLP)

"À partir de mars prochain, nous allons créer un observatoire de la qualité de l'eau dans la baie", dévoile Régis Gallais. Des carottages seront réalisés dans les vasières à une profondeur d'1,5 mètre. Ils permettront de collecter des sédiments datant d'avant la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, une comparaison pourra être effectuée au niveau de la pollution chimique avec ceux récemment collectés.

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